Coulisses techniques

Les garde-fous techniques qui empêchent une vidéo générée d’inventer un fait

Liste fermée de scènes, citations exactes, couleurs contraintes, scènes non jouées : comment MotionMaker empêche techniquement sa vidéo d’inventer un fait.

· 6 min de lecture

Dire « notre outil n’invente rien » ne coûte rien. Le tenir demande de l’architecture. Cet article décrit, côté code, ce qui empêche MotionMaker d’afficher un chiffre, un avis ou un visage qui ne viendrait pas de votre site. Pour comprendre pourquoi une IA complète les vides, lisez d’abord pourquoi les vidéos IA inventent des faits. Ici, on regarde le « comment », étage par étage.

Le principe : le modèle classe, il n’écrit pas librement

La règle qui commande tout le reste est simple : le modèle de langage choisit et reformule, il n’ajoute pas. Il ne décrit jamais une animation en prose et ne produit jamais de contenu libre qui irait tel quel à l’écran. Il remplit des champs typés, à l’intérieur d’un cadre que le code a posé avant lui. Chaque appel au modèle est d’ailleurs demandé en sortie JSON structurée : le schéma attendu est transmis à l’appel, et la réponse qui ne le respecte pas n’est pas exploitable.

C’est un choix de conception, pas une précaution de communication. Un modèle qui écrit librement peut tout écrire, y compris ce qui est faux. Un modèle qui doit remplir un champ « accroche » ou « légende du plan » avec des mots de votre site a bien moins de marge pour dériver, et ce qu’il produit peut être contrôlé champ par champ.

Premier étage : une liste fermée de scènes

Le réalisateur du film ne dispose pas d’une page blanche. Il choisit parmi huit types de scènes déclarés dans le code : ouverture sur le logo, phrase animée mot à mot, rejeu de l’interface, accent en volume, cartes de chiffres, plan de profondeur, diagramme de convergence, clôture avec appel à l’action. Ajouter un type de scène suppose de le déclarer à deux endroits du code : ce n’est jamais le modèle qui l’invente en cours de route.

Chaque type porte ses propres champs. Une scène de phrase animée attend un texte. Une scène de diagramme attend un libellé de trois à six mots. Une scène de chiffres attend des paires libellé et valeur. Il n’existe aucune case « décris l’animation comme tu veux » : la manière de bouger appartient au code et au tirage déterministe décrit dans notre article sur le seed, pas au modèle.

Deuxième étage : une citation exacte pour chaque argument

Avant même de monter quoi que ce soit, MotionMaker lit votre site et en tire une fiche de marque : arguments, offres, ton, secteur. Là, le risque est que le modèle « résume » en embellissant. Le prompt lui impose donc une contrainte vérifiable : chaque argument et chaque offre doit porter une citation copiée mot pour mot du texte lu, de 120 caractères au plus.

Puis le code ne croit pas le modèle sur parole. Il rassemble le texte réellement extrait des pages (titres, descriptions, intertitres, paragraphes, navigation) et vérifie que la citation s’y retrouve. Un argument dont la citation n’existe pas dans le texte est écarté. Le prompt le demande, et le code le contrôle : deux fois, parce qu’une seule ne suffit pas.

Troisième étage : ce que le modèle n’a même pas le droit de toucher

Certaines données ne repassent pas du tout par le modèle. L’adresse du logo est extraite de façon déterministe, puis recopiée telle quelle après l’appel : lui redemander la même donnée n’aurait fait qu’introduire un risque de mutation sans aucun bénéfice. Les couleurs, elles, sont contraintes par une énumération dans le schéma : le modèle peut choisir lesquelles des couleurs réellement détectées sur le site jouent le rôle de primaire et de secondaire, mais il ne peut pas en fabriquer une nouvelle.

Le choix reste un jugement légitime. Le pixel le plus fréquent d’une page est souvent un fond blanc, pas la couleur de la marque. Mais le champ des possibles est borné par ce qui existe sur le site.

Quatrième étage : une scène qui manque de matière n’est pas jouée

C’est la règle qui se voit le plus à l’écran. La scène de cartes de chiffres n’a de sens que si le site expose de vrais chiffres. Le prompt du réalisateur dit de ne l’employer que si la fiche de marque fournit des chiffres exploitables, et de l’ignorer sinon. Un site sans aucun chiffre donne donc un film sans scène de chiffres : le film est plus court ou autrement composé, jamais complété avec un nombre rond.

Le même esprit gouverne la scène de rejeu de l’interface. Elle ne montre pas une capture d’écran, bitmap mort et illisible en vertical : elle reconstruit les vrais composants du site (bouton, carte, pastille d’état) en calques animables. Les trois qualités affichées en un mot chacune sont reformulées depuis les arguments de la fiche, « jamais inventées », dit la consigne de la scène.

Cinquième étage : des idées jouables avec ce que la marque dit déjà

Le film commence par une idée, et l’utilisateur en choisit une parmi trois propositions. La consigne donnée au directeur artistique contient une interdiction explicite : n’inventer aucun fait, chiffre, témoignage ou promesse absent de la fiche de marque ou de l’angle. Une idée doit être jouable uniquement avec ce que la marque affirme déjà. Cela évite l’écueil d’un concept séduisant qui, pour fonctionner, supposerait un chiffre que personne n’a donné.

L’angle que vous saisissez (une promotion, une nouveauté, un résultat client) est lui aussi une source : ce que vous écrivez est repris, reformulé, et rien n’est ajouté autour. Si vous mentionnez une réduction, elle apparaîtra. Si vous n’en mentionnez aucune, aucune réduction n’apparaîtra.

Après le modèle : des corrections qui ne dépendent pas de lui

Une fois la séquence de scènes produite, une passe de corrections structurelles s’applique, indépendante du modèle. Elle garantit par exemple que le film ne s’ouvre pas sur le logo, puisque personne ne connaît encore la marque à la première seconde, et qu’il se termine toujours par la clôture avec appel à l’action. Ces règles de montage n’ont rien à voir avec l’exactitude des faits, mais elles illustrent la méthode : tout ce qui peut être décidé par du code l’est, et le modèle est réservé à ce qui demande du jugement.

Ce que cela garantit, et ce que cela ne garantit pas

Ces garde-fous limitent ce que le film peut affirmer à ce que votre site dit. Ils ne vérifient pas que votre site dit vrai : si une page affiche un chiffre périmé, il sera repris. C’est pourquoi le kit de marque est modifiable avant la création : vous pouvez corriger un argument, ajouter votre logo, retirer ce qui n’est plus d’actualité. La responsabilité de l’exactitude reste à la source.

Il existe aussi une exception volontaire à la bibliothèque fermée : le mode « Carte blanche », où un modèle écrit le film lui-même en HTML, CSS et JavaScript, puis regarde son propre rendu pour se corriger. Il est réservé à l’espace connecté. Son code ne tourne que dans une iframe isolée, sans accès réseau. La garantie la plus forte, celle de la liste fermée et des champs typés, est celle du parcours standard.

Comment vérifier par vous-même

  • Lancez un film sur un site qui ne contient aucun chiffre : vous ne verrez pas de scène de chiffres.
  • Comparez chaque argument affiché à l’écran avec le texte de votre page : il doit s’y retrouver, reformulé mais pas augmenté.
  • Ouvrez le kit de marque : les arguments retenus et les offres y sont listés et modifiables.
  • Regardez le film sans le son : ce qui est écrit est ce qui est affirmé. Voir aussi concevoir une vidéo pour le sans-son.

Pour la vue d’ensemble du fonctionnement, de l’adresse au MP4, lisez créer une vidéo depuis un site web. Pour comparer avec une génération libre à partir d’un texte, voir IA texte vers vidéo ou motion design de marque.

Questions fréquentes

Comment MotionMaker empêche-t-il l’IA d’inventer un chiffre ?
Le réalisateur choisit des scènes dans une liste fermée et remplit des champs typés. La scène de chiffres n’est utilisée que si la fiche de marque contient de vrais chiffres, et chaque argument doit porter une citation retrouvée dans le texte du site.
Que se passe-t-il si mon site ne contient aucun chiffre ?
Aucune scène de chiffres n’est jouée. Le film se construit avec les autres types de scènes, sans nombre ajouté pour combler le vide.
Les couleurs et le logo peuvent-ils être inventés ?
Non. Le logo est extrait de façon déterministe et recopié tel quel. Les couleurs sont choisies parmi celles réellement détectées sur le site : le modèle ne peut pas en créer de nouvelle.
Ces garde-fous garantissent-ils que le film est exact ?
Ils garantissent que le film ne dit rien de plus que votre site ou votre saisie. Si votre site contient une information fausse ou périmée, elle peut être reprise : vérifiez le kit de marque avant de créer.

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